@ffinités

3 janvier 2020
Fais tout ce que vœux
en l’An qui déjà vingt.

Pour faire circuler ce texte, le lien est ici même

19 décembre 2019
Quand le black bloc est multicolore
ça fout la trouille à Dark Vador… !

Lien pour faire circuler l’article, c’est juste là.

On se souvient d’un des plus maladroits slogans de mai 68 : « L’imagination prend le pouvoir » ou de sa variante « L’imagination au pouvoir », qui donna lieu quelques mois plus tard à un beau livre culte aux éditions du Terrain Vague (alias Eric Losfeld), récemment réédité par Alia. C’est à partir de cet amalgame trompeur – où la puissance du rêve magnifiée par les surréalistes et la vieille prise de pouvoir à la sauce léniniste font mine de se confondre – qu’un malentendu à pu naître, dont allaient jouer les repentis libéral-libertaires et autres fils-de-pub-en-col-mao, nous vantant dès 1981 les sirènes de l’esprit créatif réconcilié avec la gestion entrepreneuriale de nos vies. Vieille ambiguïté de toute « volonté de puissance », soit poétique, soit despotique, mais qui nourrit la pire des dystopie quand elle mène double-jeu.
C’est sans doute pour lever ce funeste malentendu que les Indiens Métropolitains du printemps 77 italien avaient écrit sur la façade mussolinienne de la Sapienza, la grande fac du quartier San Lorenzo à Rome : « La fantasia uccidera il potere / Sara une risata che vi sepellira » [L’imagination détruira le pouvoir / Ce sera un éclat de rire qui vous enterrera.] Il serait temps d’en tenir compte, et de valoriser dans le climat actuel de conflictualité massive ce qui ne demande déjà qu’à déborder : un esprit de fête hétérogène, décloisonnant, irrécupérable. Faute d’être du genre à donner des leçons à quiconque, je ne fais ci-dessous que témoigner en photos de ce qui est en train de se dépasser, bref de se dé-prendre de tous les pouvoirs institués…

Question subsidiaire : combien de temps encore le siège social parisien du fonds de pension américain Black Rock, en plein quartier de la bourse, restera-t-il aussi immaculé ?

Un peu d’imagination solidaire, cher.e.s street artistes, à vos pinceaux, rouleaux & aérosols.

Pour faire circuler ce texte, le lien est ici même

2 décembre 2019
Comment on nous (re-)traite ?
(Dés-)espérance de non-vie
& employabilité à perpète.

Lien pour faire circuler l’article, c’est juste là.

RENGAINE SPÉCIEUSE — On nous répète ad nauseam que les régimes spéciaux de retraite contreviennent à l’intérêt général, et à son principe d’équité, par « empilement » de privilèges. Pourtant, en matière de droits sociaux, l’exception a presque toujours précédé la règle, tel gain particulier (concédé face à un mouvement revendicatif ou une pénurie de main d’œuvre) ayant initié sa généralisation mutualisée. Et l’historien Michel Pigenet de nous en rappeler quelques jalons essentiels : au XVIIe siècle l’État recueille les mutilés de guerre dans l’Hôtel des Invalides et palie le manque de vocation militaire dans la Marine par de petites pensions pour les enrôlés volontaires. Un siècle plus tard, tous les soldats en bénéficient, puis des administratifs civils peu après la révolution de 1789, jusqu’à l’harmonisation de la retraite des fonctionnaires peu après l’insurrection de février 1848 (en substance, la quille à 60 balais, après 3 décennies de labeur, le tout indexé sur les 6 dernières années). Et dans le secteur privé, ça s’est propagé idem : en 1894, après des grèves en cascade, une chiche retraite à 55 ans, dont 30 passés au fond du trou, pour les mineurs ; en 1911, droits identiques pour les employé(e)s des compagnies privées (mais sous tutelle étatique) du ferroviaire suite à la fameuse « grève de la thune » d’octobre 1910, sous un gouvernement dit de « centre-gauche » ayant fait appel à la troupe (encore un crapulerie de Clemenceau).

S’ensuivront à la même époque des caisses de retraite dans d’autres secteurs d’économie mixte : distribution de l’eau, éclairage public, transports en commun, puis un premier régime d’assurance obligatoire, bancal et ultra-partiel, renforcé en 1928 et 1930 avant que naisse la Sécurité Sociale en 1945. Jusque-là, les régimes spéciaux avaient donc servi d’aiguillon à une harmonisation par le haut (obtenue de haute lutte). À partir des années 50, les forces conjuguées des gouvernants et du patronat n’ont cessé d’œuvrer à un renversement de tendance, le nivellement par le bas, via une bassesse rhétorique assimilant le moindre « acquis social » à un iniquité scandaleuse, un pseudo déficit d’égalité envers le droit commun.

Dernier élément de langage (abusif) en date : les fameux chauffeur(e)s d’autobus d’Amiens partiraient en retraite plus tard que leur nanti collègue parisien – « c’est trop injuste » comme dirait Caliméro. De fait, en ce chef-lieu de Picardie, les conducteur(e)s de bus bossent pour une société d’économie mixte – Véolia il y a quelques années et désormais Keolis – qui gratte sa part de profit sur la baisse des coûts salariaux et des cotisations dues par les employeurs. Côté cash à la fin du mois ou âge minimum pour dire bye bye au turbin, les Picard(e)s y paument pas mal, comparés aux diverses concessions arrachées par leurs pairs franciliens depuis 1948 à l’employeur 100% étatique qu’est la RATP. Mais gaffe aux raccourcis trompeurs, ces « avantages », ne l’oublions pas, furent d’abord l’objet de débrayages massifs et de blocages audacieux prolongés aux risques et périls de plusieurs générations de grévistes.

Alors quoi ? On devrait généraliser un insidieux dumping social sous prétexte d’être équitable envers les moins bien lotis, on devrait tous et toutes consentir au même rabais contractuel, rognant sur un siècle et demi de conquêtes en terme de « salaire social », comprenant, outre la paye, tant d’autres aspects liés à nos conditions d’existence, dont une exigence des plus vitales : avoir un vrai temps d’existence après l’usure physique et mentale du travail tarifé (non pas un « droit » à quémander, mais un « dû » à partager). Et, partant de là, on comprend mieux que la fixette sur les régimes spéciaux (ne visant que 4 ou 5% des futurs retraités) est censée faire avaler la pilule amère d’un « système universel à points », où les perdants se compteront par millions (dans l’éducation nationale ou le monde hospitalier, entre autres), étant donnée la ligne rouge des 14% du PIB à ne pas dépasser. À dépense totale plafonnée et démographie vieillissante, on a bien saisi que l’âge-pivot ne va cesser de reculer et que le point d’indice, à l’occasion  d’un secousse boursière comme en Suède en 2008, sera bientôt renégocié à pas cher (« Un cran de moins, serrez-vous la ceinture, faut boucler le budget. »). Et pour échapper à ces décotes, le solution est toute trouvée, on n’aura qu’à souscrire à une complémentaire privée, pour abonder la bulle spéculative d’un fonds de pension, jusqu’à la ruine hypothétique du prochain crash mondialisé.


En attendant, les cheminot(e)s chauffeur(e)s de bus auront porté le chapeau (ou le chiffon rouge des sorcières) d’une arnaque sophistique de grande envergure. Car ce qu’il fallait désamorcer, c’était l’hypothèse contraire : adapter le fonds de péréquation des retraites pour compenser le vrai « empilement inéquitable », celui des nouvelles formes de l’emploi précaire. Ce qu’il fallait empêcher, c’est qu’on tienne vraiment compte de la disparité salariale entre hommes et femmes (y compris en milieu agricole), de la discontinuité de l’emploi (périodes de chômage, de stage perpétuel ou de formation par intermittence), de l’ubérisation a-contracutelle (auto-entrepreneurs, démissionnaires, saisonniers, etc.) et des nouveaux types de pénibilité posturale (station assise face à un écran ou station debout pour les vigiles…) et psychique (sous injonction à l’hyperactivité sans limite horaire).

AGENDA TACTIQUE — Pour saisir les arrière-pensées gouvernementales du projet d’individualisation low cost des retraites, il faut revenir sur quelques décisions antérieures. La première concerne le « Compte pénibilité » dans le privé – système (déjà) « à points » et maigre concession faite à la CFDT sous l’ère Hollande –, conçu comme une usine à gaz bureaucratique vite devenue inapplicable dans les faits. Or, le premier geste du pouvoir macronien aura bien été de détricoter les critères pris en compte et permettant – au cas par cas hélas, et non par branche entière d’activité – de partir à la retraite plus tôt. Ainsi, dès juillet 2017, un projet de « réforme » est édicté en toute hâte, qui va ôter 4 des motifs majeurs de pénibilité : manutentions de charges lourdes, fatigues posturales, vibrations mécaniques et risques chimiques ( !). Là où il aurait été urgent d’inventorier les risques induits par la mutation des secteurs d’activité, par la révolution bureautique ou par l’intrusion dans l’espace privé de la pression managériale, on a préféré réduire un peu plus la prévention des maladies professionnelles. Pire encore, outre l’évidence de la brutalisation laborieuse et de ses séquelles corporelles, on a empêché surtout que les effets secondaires psychiques fassent partie du lot. Une expression commode suffit à rejeter le problème hors champ : burn out, (un truc lié au stress négatif, faut juste apprendre à positiver, comme dirait un DRH de Carrefour).

Au nom d’un aveuglement cynique maquillé en pragmatisme, ni la tendinite chronique des caissières, ni les fractures à répétition des livreurs à vélo (auto-accidentés de leur propre chef), ni la télé-dépression des standardistes en call-centers n’auront ainsi droit à la moindre reconnaissance. Que ces jeunes soutier(e)s de la StartUp Nation continuent à pointer 42 ans durant! Pour elles et eux, pas question de passe-droit, assez de nantis comme ça. Sur la ligne d’arrivée, certains seront premiers de cordée, d’autres perclus de vertige, lâchés à mi-chemin ou pendus tout court, c’est le challenge des plus fortiches, point/barre. Aux yeux des killer-cost bien-nés et des arrivistes résilients qui nous gouvernent, les innombrables dommages causés par le boulot ont beau être scarifiants et taraudants, tout ça n’a pas plus d’existence comptable qu’un suicidé de la Poste « pour des raisons personnelles » ou un « malheureux » étudiant à bout de sous & exploité précaire s’immolant devant un Crous lyonnais.

Avant la grande loterie de « l’égalité des destins » (dite « retraite à points »), il fallait aussi imposer la réforme de l’assurance chômage, engagée dès 2018 et entrée en application le mois dernier. Une fois de plus, la méthode consistait à dénoncer une minorité de « faux chômeurs » voués au pilori depuis la fin des années 70 (dixit Raymond Barre, puis Michel Charasse, etc.). Sus aux fraudeurs donc, même si, comme pour les minimas sociaux, ils sont dix fois moins nombreux que les non-recourants (un tiers pour le RSA) ou les non-indemnisés (la moitié des inscrits au chomdu). Ayant focalisé sur les profiteurs pauvres (et non l’inverse, ces pauvres contraints à la débrouille), on a entravé l’accès des précaires à Pôle Emploi (en rehaussant le plancher d’heures effectuées sur une période plus longue) et baissé l’allocation de plusieurs centaines d’euros pour près d’un million d’autres. Autant de personnes flirtant avec le seuil de pauvreté qui verront donc leurs « points-retraite » sucrés d’avance, mais l’entourloupe est alors passée inaperçue, faute de combattants dans la rue. C’était toujours ça de gagné du point de vue des contrôleurs de gestion étatiques. Pour faire avaler ce plat de couleuvres, il a suffi de promettre aux indépendants et démissionnaires quelques compensations, sauf que, comme dans les jeux-concours, les conditions subsidiaires requises ne permettront qu’à 60 000 rares chanceux d’en bénéficier(après examen de leur « projet »). Les effets d’annonce du « en même temps » ont un sens de l’équité purement verbal, au mépris des quantités négligeables sacrifiés sur les plateaux de la balance : d’un côté quelques heureux winers, de l’autre la lourde tare des ratés. Ainsi va la roue de l’infortune sociale.

Ultime tour de passe-passe, la non-compensation par l’État de nombreux allègements de cotisation (dont celle sur les heures supplémentaires, la suppression partielle du forfait social ou de la hausse de la CSG) produit mécaniquement un probable déficit pour le Fonds de retraite d’ici 2025. Il a suffi de faire publier cette alarmante nouvelle par un Conseil d’orientation à quelques jours des ultimes arbitrages pour justifier un ultime mot d’ordre : « Nous allons devoir travailler plus longtemps. » (Edouard Philippe). Ce n’est là qu’une variante de la « stratégie du choc » étudiée par Naomi Klein, le chantage au trou-dans-les-caisses à l’adresse de qui voudrait s’accrocher à ses annuités déjà trimées pour mettre les bouts : ce ne sont là que de mauvais parents qui voudraient se la couler douce sur le dos de leur marmaille. Bref, d’irresponsables dettes-à-claques, sinon d’ogresques infanticides! Pour peu, on leur enlèverait la garde de leur progéniture pour placer ces abusés économiques à la Ddass.

Sauf que l’argutie démographique tombe plutôt mal. À en croire les derniers chiffres de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) pour la population française, l’espérance de vie en bonne santé s’établit à 63,4 ans pour les hommes et 64,5 pour les femmes. Repousser l’âge-pivot à 64 ans, revient donc à repousser l’heure du farniente dans les limbes, comme pour antiphraser la chanson de Moustaki : « Nous avons tout la vie pour nous exténuer, nous aurons toute la mort pour nous reposer. » Enfin pas tout à fait, « selon que vous serez puissant ou misérable », vous aurez de 5 à 10 ans de rab’. Et à ce fossé vital entre seniors rentiers ou trop tôt usinés, entre vieux à la cool et épuisés précoces, entre bêtes à concours et bêtes de somme, nulle contrepartie, ce ne sera « point » à la retraite de le combler. Alors, en attendant de nous mettre en arrêt-maladie illimité, pour dessiner des ronds-points au coin de chaque rue, grèvons haut et fort au moins jusqu’au réveillon de l’an prochain…


Pour faire circuler ce texte, le lien est ici même

25 novembre 2019
Images arrêtées & idées fixes :
Pierre… Feuille… Ciseaux…


Trombinoscope des finalistes ex aequo

Pour faire circuler ce texte, le lien est ici même

14 octobre 2019
Nouveau récapitulatif automnal :
six mois d’inscriptions murales.

Sale coup pour la sempiternelle convergence des buts (sinon des luttes), on a vu la semaine dernière les gentils organisateurs d’Extinction/Rébellion s’ingénier à effacer à l’acétone tags et graffitis sur le Pont au Change occupé, près du Châtelet. Comme s’il leur fallait tout à la fois scénographier la désobéissance collective et en faire disparaître toute trace de contamination textuelle, hors la marque déposée de leur logo.

Il ne s’agit en rien de moquer le sincère élan des mobilisés de base de ce mouvement, mais d’interroger les modalités de ce nouveau management militant, singeant les pires rigidités du fonctionnement entrepreneurial, l’opacité de son organigramme, la consensus participatif de ses AG et l’affichage obsessionnel de son très corporate logo.
On aura beau avoir quelques doutes sur la routine hebdomadaire des Gilets Jaunes qui, face à la dissuasion militarisée du pouvoir en place, finit par faire tourner toute révolte en rond, mais ces errements ont au moins quelque chose de familier, ça ressemble aux cercles parfois vicieux de nos propres envies : pas si fastoche de détruire ce qui nous détruit ? Il n’est pas de solution toute faite, unanime, prémâchée. Pourtant, en cours de route (et de déroute relative), le mouvement des JG aura inventé une forme d’expression textuelle inédite : des bribes de sens plein les dos, un désordre de mots improvisés au marqueur noir sur jaune, entre customisation de cartables chez les ados, fabrication de banderoles individuelles et détournement des griffes du prêt-à-porter par un auto-graffitisme sauvage.

Et si l’on juge la puissance d’une lutte à sa capacité à détourner les médiums établis, à créer de toutes pièces une esthétique inédite et à préserver une hétérogénéité discordante dans ses messages, disons que les JG ont fait bouger les lignes de l’action verbale collective – tout comme les colleuses de stèles in memoriam des victimes de féminicides –, tandis qu’Extinction/Rebellion, se contente de poursuivre la logique publicitaire marchande par d’autres moyens, singeant de vieilles recettes de propagande (inventées par l’ultra-libéral Edward Bernays aux USA), ce qui n’est pas très bon signe.

Ceci dit, j’en reviens aux usages infra-ordinaires du graffiti textuel qui continue son bonhomme de chemin, malgré la chape de plomb gentry-chiante des milieux urbains. Pour preuve, quelques extraits de ma collecte depuis avril dernier.

Que l’effondrement
Rapproche les amours
qui se perdent…
Saint-Denis, rue Ambroise Croizat, bombage, 27 avril 19

Si ton corps
pouvait parler
Qu’est-ce qu’il
dirait ?
Paris II, rue Greneta, pochoir, 27 avril 19

TANDIS QUE
LES FORÊTS
SE CHANGENT
EN HOLOGRAMME
Québec, pochoir, 30 avril 19

L’oiseau ne chante plus
Quand les cartouches sifflent
Marseille, bombage, 2 mai 19

Je t’aime
Ou…
QQch qui ressemble
au même champ lexical
Montréal, 8 mai 19

Vivre en France
vous coûtera
un bras, vous plaindre…
UN ŒIL !
Lyon, quai sous pont Pasteur, bombage, 10 mai 19

POSE
TON
LUNDI
Paris XI, rue Rochebrune, doigt sur vitrine sale, mi-mai 19

tous les nuits
je fume du cannabis
maman
Alger, Beb Ezzouar, bombage, mi-mai 19

NIQUE PAS
TA MER
Paris VI, bd Saint-Michel, mi-mai 19

Ceci est une
société en phase
terminale
Lyon 5, place des Minimes, panneau électoral, mi-mai 19

au chaud, au bistrot
Strasbourg, bombage, mi-mai 19

Je ne veux pas des choses,
je veux des moments
Nice, mi-mai 19

Ulysse,
reviens !
pénélope
Paris VI, quai de Conti, mi-mai 19

rester
extra
ordinaire
Paris XII, passage Abel Leblanc, bombage mi-mai 19

LES OURS ILS ONT
PÔ-LAIRE D’ALLEZ BIEN
Nantes, craie, mi-mai 19

toujours et à jamais
se roulent des
pelles depuis l’éternité
Paris XI, bd de Ménilmontant, blanco, mi-mai 19

MON DENTIER
EST UN CACTUS
Grenoble, rue Aimé Berey, bombage, 17 mai 19

AUGMENTONS
LE GOÛT
DE LA VIE
Paris XIX, place des Fêtes, 18 mai 19

Cî-gît
Je t’aime
Nantes, mi-mai 19

Le Monde est higher
Paris XX, rue de la Duée, craie, 22 mai 19

jsuis pas inspirée
Montréal, plateau Mont-Royal, bombage, 22 mai 19

Siamo Tutti
pour les pissentlits
Nantes, bombage, 25 mai 19

– d’Amazon
+ d’Amazonie
Paris XX, passage de Pékin, 27 mai 19

LIBEREZ les murs
Nanterre, fac, bombage, 28 mai 19

J’en ai marre d’aimer
des mecs pas aimables…
Marseille, rue des Belles Écuelles, 3 juin 19

Boulot
Mc’Do
Porno ?
Caen, bombage, 9 juin 19

En réalité parfois je rêve !
Marseille, rue des Mauvestis, 10 juin 19

le gouvernement
se fait Kafka
dessus
Montpellier, bd Victor HJugo, 11 juin 19

il y a mystère
dans l’horizon
Paris VI, quai Malaquais, bombage, 13 juin 19

Espèce d’atypique
Lyon, Croix-Rousse, collage papier, mi-juin 19

La police a mauvais caractère
Paris XI, passage de l’Asile, collage papier, mi-juin 19

JACQUES
RIGAUT
IS ALIVE
Paris VI, rue Crébillon, doigt sur vitrine sale, 24 juin 19

Ni dieu (du stade)
Ni maître (de stage)
La Rochelle, bombage, 29 juin 19

THIS IS
NOT A LOVE
MESSAGE
Paris X, rue Taylor, bombage, 30 juin 19

TERRORISTES
BIENVEILLANTS
Lorient, place Artstide Briand, pochoir, 1er juillet 19

écoute
ta mère
Paris X, rue des Petites Écuries, bombage, 9 juillet 19

Viens on s’apprend
Marseille, bombage, 13 juillet 19

le détail fait vivre
Lausanne, bombage, mi-juillet 19

Ma couleur
préféré
est le
transparent
Douarnenez, rue Jean Jaurès, mi-juillet 19

La police nous prothèse
Saint-Vincent-d-Tyrosse, près de la gare,
bombage, mi juillet 19

10% du peuple est sobre
les autres sont sur la planète mars
Algérie, Jijel, bombage, 26 juillet 19

Prière de tout déranger
Lisbonne, bombage, 4 août 19

J’passe ma vie à la foutre en l’air
Paris XX, 21 août 19

ALAIN JUPPÉ
EXISTE
VRAIMENT
Bordeaux, près Mairie, 22 août 19

T’ES PAS LIBRE
T’ES JUSTE EN
VACANCES
Nantes, sur poubelle, 29 août 19

I HAVE NO WORDS
Paris XIX, rue des Alouettes, 29 août 19

MOINS DE COSTARDS
PLUS DE HOMARDS
Nantes, bombage, 16 septembre 19

Si tu n’as pas
d’amant
do it
youself
Paris XVIII, rue Paul Albert, craie
sur trottoir, 24 septembre 19

Tes yeux sont comme l’État
ni justice ni paix ni égalité
Sétif, Cité des 300 logements, bombage, 4 octobre 19

En attendant la suite de cette collecte, j’ai rassemblé ces doléances murales, et bien d’autres, dans un volume deux à Tiens, ils ont repeint! Il est téléchargeable ici même en pdf.

Lien distinctif de l’article pour le faire circuler, c’est juste là.

Pour faire circuler ce texte, le lien est ici même

27 août 2019
Images arrêtées & idées fixes —
Photomanies, deuxième série [2].

Il y a quatre ans, Fabienne Pavia publiait au Bec en l’air un recueil des mes lubies photomaniaques selon un principe élémentaire : mettre en regard, selon des affinités perceptives, deux images, en laissant jouer ces correspondances, sans blabla parasite. Via l’ascèse verbale de ces accouplements élémentaire, il s’agissait de me fier à la libre association des idées fixes ou des assonances, visuelles, mais en faisant cette fois l’économie d’une quelconque paraphrase hors champ. Laisser ces natures mortes s’impliciter, même si ce verbe pronominal, d’après le dico, n’a pas l’air d’exister.
Une fois le bouquin sorti en librairie, j’ai provisoirement cessé de chasser le moindre détail papillonnant aux alentours, d’en épingler les cadavres exquis, bref de prendre quoi que ce soit en photo. L’envie retrouvée de laisser filer le réel, sans vouloir aussitôt en capter le mystère au vol, même si une autre lubie — la collecte des graffiti textuels —, m’obligeait encore à garder des traces, via mon téléphone portable cette fois. Et dans les marges de cette traque épisodique, entre deux inscriptions murales, m’est revenu le goût du déclic urbain. Sauf qu’entre-temps, je me suis essayé à un autre format, aussi carré qu’un coup de dés hasardeux, pour échapper à l’éternel dilemme du smartphone, saisir l’horizon en grande largeur ou en étroite hauteur. Et voilà que cette révolution géométrique – une fenêtre sur le monde aux quatre côtés égaux –, a changé la donne et renouvelé le désir d’en agencer, sans commentaire, quelques bribes. D’où le petit panorama, ci-dessous, de mes visions estivales.

Pour jeter un coup d’œil sur la maquette provisoire du deuxième volume de Photomanies, cliquez ici même.

Lien distinctif de ce post si vous voulez le faire circuler, c’est juste là.

Pour faire circuler ce texte, le lien est ici même

27 mai 2019
Images arrêtées & idées fixes
Quelques stèles hors cimetière…

Pour faire circuler ce texte, le lien est ici même

6 mai 2019
[Pseudo-Dico, idiot & logique –
Extraits d’un abécédaire en cours.]

Parmi d’autres chantiers textuels, il y a ce petit opuscule : Pseudo-Dico, idiot & logique, qui s’épaissit au fur à mesure, sans régularité ni but précis, juste me sortir de la tête cette manie précoce : mettre chaque mot en porte-à-faux, le faire dévier de sa définition routinière pour le trahir au pied de la lettre ou l’exposer à ses dépens cul par-dessus tête.


Dans sa «pseudo-intro», j’ai essayé de revenir sur le «Comment du pourquoi » de ce projet qui hésite entre le goût du fautif et la faute de goût.

« […] Seul défi minimal, commenter chaque mot par association d’idées, esprit de conflagration, étymologie intuitive, amalgame accidentel, contresens inopiné, déduction analogique, méprise significative, sinon par défaut mineur ou faute d’étourderie. Et surtout, lâcher la bride, perdre contrôle, laisser sortir les bouts d’énoncé à l’oreille, faire confiance aux courts-circuits intérieurs, aux paradoxes venus d’ailleurs. Projet impur et simple, trivial et mégalo. D’où son sous-titre – idiot & logique – qui me revient de loin, l’éternel adolescent jamais lassé de singer les sapiences de l’homo academicus, avec force grimaces et effets de manches. […]
Mon principe de base: mettre en relief des hiatus poétiques. J’ai dû croiser cette drôle d’intuition entre 15 et 16 ans, à force de dévorer du Nietzsche en n’y comprenant qu’une ligne sur trois, puis en laissant décanter ma lecture d’alors. Et j’y suis encore fidèle, à ma façon bâtarde. Une fois détrôné le surmoi littéraire, tout redevient permis: métaphores bancales, alexandrins boiteux, citation détournée, faux amis volontaires, coq-à-l’âne ou amalgame abusifs. Ça passe ou ça lasse, peu importe.
Bien sûr,  j’aurais pu faire le tri au départ, chasser la blague facile, neutraliser le calembour dérisoire, ne garder que le meilleur du début à la fin. Mais quand on vide son sac de vocabulaire, il vous passe de drôles de couacs par les méninges, et c’est souvent d’assez mauvais goût, entre autres foutaises et débilités. J’aurais pu me cacher derrière mon petit doigt d’auteur, mais l’idiotie a sa logique implacable.»

On pourra feuilleter le glossaire entier, c’est ici même.

Sinon, pour se faire une vague idée de ces words in regress,
un bref aperçu de leur définition alternative ci-dessous.

AVC : rupture de la chaîne du moi.

BLA-BLA-BLA : polyphonie morse.

CADAVRE : zéro déchet à part soi-même.

DIGRESSION : thèse, antithèse, parenthèse.

ÉVANOUISSEMENT : entrée par effraction intérieure dans le hors champ des réalités communes.

FACE-BOOK : affichage sériel d’amitiés si peu particulières (voir Look-émissaire & Anthropométrie).

GRAIN DE BEAUTÉ : signe de piste érotique ; point de suspension en braille.

HOLD-UP : franglish, retour à la caisse départ.

IMPUISSANCE MASCULINE : bas-latin, coïto ego scum.

JEMENFOUTISTE : indécis heureux.

KAMA SUTRA : littérature à massages.

LECTEUR : évadé de l’intérieur parti se captiver ailleurs.

MENDIGOT : ancien. Mendigoth, peuplade barbaresque vaincue puis reniée par ses cousins germains Wisigoths et Ostrogoths.

NEURASTHÉNIE : « Tout ce qui ne te tue pas te rend plus mort », graffiti nietzschéen apocryphe, aperçu à Turin le 25 août 2000, sans doute pour célébrer le centième anniversaire de la mort du susdit philosophe.

ODYSSÉE : Ulysse en Personne qui revient au même.

PARANOÏA (stade critique de la) : toutes les news sont fake, mais c’est une fake news qui le dit.

QUARANTAINE : psycho. maritime, sas d’isolement sanitaire avant la cinquantaine.

REGRET : passe-temps pour morts-vivants

SÉNILITÉ : tête dans le ressac.

TESTAMENT : phrases terminales (Cf. Legs it be, reprise posthume d’un standard des Beatles).

VEGAN : espèce d’anti-spéciste.

ZEUGMA : esprit de synthèse, de famille, d’escalier et d’autres circonstances dépareillées.

Pour faire circuler ce texte, le lien est ici même

29 avril 2019
Après le Grand Blabla gouvernemental

retour sur quelques doléances murales.


Débat numérique à cocher en quelques clics, tournée du One-Macron-Show délocalisé plus près de chez vous, requiem caritatif pour feu la charpente de Notre-Dame et enfin cours magistral élyséen sur « l’art d’être français ». Si ces techniques de diversion n’ont pas enfumé grand monde, elles auront du moins permis au Pouvoir en place de prouver par l’absurde que tout recours à la démocratie directe est une perte de temps, un arbre à palabres qui cache la forêt des petits intérêts égoïstes, un fatras de doléances dont les mots-clefs débouchent sur un non-sens commun : « moins d’impôts et plus de service public ». C’était prévisible : à questions fermées, réponses téléguidées. Le message implicite était de dématérialiser, dénaturer, déraciner le désir d’Agora Généralisée qui, informellement, passait déjà à l’acte d’un rond-point à l’autre. Alors comment faire cesser ce joyeux bordel et faire taire ces « Gaulois réfractaires » ? Au moyen d’un grossier simulacre participatif, il s’agissait de démontrer l’inconséquence atavique du populo, puisque dès qu’on lui cède un ersatz de parole collective, il s’enferre dans ses contradictions, il aspire à n’importe quoi et son contraire, bref il voudrait toujours plus de beurre, mais sans le financer par son labeur.
Quant aux « gilets jaunes », après avoir détruit leurs cabanes, de peur qu’il ZADifient chaque carrefour en rase campagne, on les a soumis samedi après samedi aux flux tendus de l’expérimentation répressive (fouilles préventives de masse, nasses systématiques, canons à eau & tanks, usage exponentiel de LBD 40 & de grenades dernier cri, brigades motorisées ou cynophiles, groupes mobiles de civils encagoulés, garde à vue extensibles à volonté et condamnations à la chaine). Pourtant, rien n’y a fait, six mois plus tard, cette stratégie de la tension a beau avoir été appliquée avec un zèle inédit, ça n’a pas tué le « péril jaune » dans l’œuf, juste dissuadé les sympathisants par millions de se joindre aux cortèges hebdomadaires. Et d’un autre côté, ça aurait même eu tendance à solidariser plusieurs dizaines de milliers de trublions, qu’on a dans un premier temps tenté de mettre en conflit avec les marcheurs du climat, sans succès, puis sommé d’avouer leur vraie nature : des « idiots utiles » de l’extrême droite, sinon d’immondes bestiaux porteurs de la peste brune. Encore raté

Faut dire, la ficelle était un peu grosse : en se proclamant dernier rempart face aux foules « lyncheuses » du national-populisme, les gouvernants ont surtout pris leurs désirs pour la réalité, et révélé leur propre vision complotiste du corps social, cherchant à réduire toute émotion populaire à une forme de putschisme « illibéral », une conjuration d’ennemis intérieurs des libertés démocratiques. Au risque, selon cette politique du pire, abusant du monopole de la violence légitime, d’enfanter des monstres : parmi les forces de l’ordre surtout (dont la fascisation routinière va laisser des traces durables), mais aussi chez les irréductibles d’en face, voués à une surenchère défensive auto-ritualisée, si commode à criminaliser, mutiler, embastiller, tandis qu’une mise en avant médiatique de porte-paroles douteux masquait les inventivités locales, les vrais cahiers de doléances ou les motions transversales des assemblées de Commercy ou de Saint-Nazaire.
Six mois d’enfumage sémantique et lacrymogène, donc, à seule fin de maintenir le cap d’un néo-management d’Etat – résolu à investir les rares espaces non marchands et à éradiquer la gratuité déjà résiduelle des services publics par ubérisation, privatisation rampante et mise en concurrence déloyale. Et comme dans le contexte actuel – où le feu couve encore sous les cendres – les décideurs énarchiques ont intérêt à ne pas vendre la mèche – la  défense mordicus d’une infime minorité d’actionnaires –, ils ont empruntéau corpus idéologique d’extrême droite son leurre habituel : stigmatiser les « derniers de cordée », ces profiteurs du chômage, ces addicts des minimas sociaux et autres migrants clandestins (en taisant bien sûr que ces boucs émissaires sont pour la plupart des working poors, surexploités au noir ou à temps très partiel). Et comme lot consolatoire aux « inclus » du corps électoral – le seul qui intéresse nos élus –, on a balancé un os à ronger aux salariés & retraités méritants, du moment qu’il acceptent de bosser plus longtemps pour la Start-Up Nation. Et voilà, la boucle devrait ainsi être bouclée : « Françaises, Français, encore un effort…» pour serrer la ceinture autour du cou de vos faux-frères de galère, ces « nantis » du bas de l’échelle.

Rien ne dit qu’une telle arnaque intellectuelle, usée jusqu’à la corde depuis quarante ans d’alternance gestionnaire, arrive une nouvelle fois à ses fins, notre silence résigné. Parmi toutes les façons de déjouer ce coup de bluff présidentiel, il en une qui, très modestement, fait contre-feu aux leurres des discours officiels, les graffiti qui se muent ces derniers temps en doléances murales. Leur poésie subversive en dit souvent plus long que bien des discours, éclairés ou crépusculaires, des leaders auto-proclamés du mouvement.

J’avais une citation de KANT
mais je l’ai oubliée
Paris VIII, rue de Miromesnil, 24 décembre 18

Moins de Rois
Plus de galettes
Rouen, bombage, 5 janvier 19

PLUS CHOU QUE SCHLAG
Paris XI, av. Ledru-Rollin, craie, 6 janvier 19

Décrocher la thune
Paris XX, bombage, 9 janvier 19

on veut du beurre
dans les épinards
Nantes, fac, bombage, 16 janvier 19

TOUT LE MONDE
DÉTESTE
LE BEURRE DOUX
Douarnenez, bombage, 16 janvier 19

La solitude
rend secret
Paris XIX, Belleville, 21 janvier 19

J’AVAIS
D’BEAUX
YEUX
tu sais…
Toulouse, bombage, 21 janvier 19

Piétiner les
certitudes !
Nantes, bombage, 25 janvier 19

La semaine des 7 samedis VITE
Paris XI, près République, 26 janvier 19

A vous les Monuments
A nous L’histoire
Alger, Chevalley, bombage, 28 janvier 19

ENFANTILLAGES
ET
ADULTÈRES
Paris XX, Père-Lachaise, blanco, 28 janvier 19

VOUS REPRENDREZ
BIEN UN PEU
DE GLYPHOSATE ?
Bordeaux, bombage, 30 janvier 19

FINI DE
PERDRE
Saint-Étienne, 4 février 19

Il y a ceux qui
lisent Houellebecq
et ceux qui se révoltent

HOMO ECONOMICUS
VIVEMENT L’EXTINCTION !
Paris VII, bd Saint-Germain, bombage, 9 février 19

Rien ne ruisselle,
pourtant, tout s’effondre…
Grenoble, Arts et Métiers, bombage, 9 février 19

VIVE
LA
SIESTE
Lille, craie, 11 février 19

trust Zombies
Paris VII, rue Allent, 11 février 19

Etat mère ?
Toulouse, 11 février 19

Bienvenue nulle part
Nantes, fac, bombage, 12 février 19

MAIS
LE SOLEIL
NE LA VOIT
PAS
Paris XX, rue Laurence Savart,
pinceau sur trottoir, mi-février 19

la liberté, des pas s’ensuivent
Arles, rue des Carmes, craie, 16 février 19

borgne
to be
free
Rennes, bombage, 16 février 19

demain est un autre toujours
Paris III, rue des Quatre Fils, craie, 16 février 19

MASTURBATION
AUTOGESTION
Lyon, Croix-Rousse, bombage, 19 février 19

Attention !
les particules
mystiques nous
envahissent !
Porto, 20 février 19

EVACUATION
d’une latente
procrastination
Marseille, pochoir, 22 février 19

Mieux vaut une paire de mères
qu’un père de merde
Paris XIII, fac Tolbiac, 27 février 19

SEUL LE RHUM
Doit faire monter la
TEMPÉRATURE
Nantes, fac, craie sur macadam, 1er mars

L’ARGENT EST UNE UTOPIE QUI
A FAIT EXCEPTION
Montreuil, rue du Capitaine Dreyfus, 3 mars 19

FRANZ FANON
FRANZ KAFKA
FRANZ KOULTOUR
Paris V, rue Censier, bombage, 9 mars 19

acheter
pour
remplir
sa vide
Nantes, bombage, 9 mars 19

L’ETAT EST UN ETAT
LENTEMENT LETAL
Angoulême, près Musée du Papier, pinceau, 8 mars 19

le monde brûle,
Tu penses à tes notes
Paris V, rue de la Sorbonne, mi-mars 19

Une chaine reste
une chaine même en or
Alger, Birkhadem, bombage, mi-mars 19

Nous sommes
des
Pacificasseurs !!
Paris VIII, av. des Champs-Élysées, bombage, 16 mars 19

TU
MENDIRAS
TANT
Paris XI, 20 mars 19

Dieu est
ATHÉE
Paris XIX, bombage, 23 mars 19

Les sentiments sont
étrangers à la
pensée académique
Nantes, fac, bât. Censive, amphi 2, 27 mars 19

A cause que !
Lille, 29 mars 19

LES PATRONS
C’EST UTILE
Poisson d’Avril
Paris XX, rue Boyer, 1er avril

IMAKULÉ
Paris IX, rue de Bellefond, sur mur repeint, 5 avril 19

Nique les Papa
Paris IX, rue du Fg Poissonnière, 6 avril 19

LA VIE EST UNE
COPRODUCTION
Montréal, Hochelaga, bombage, 20 avril 19

ON EST
EN CORPS LÀ
Toulouse, bombage, 13 avril 19

WHEN I’M SOULE
U ARE MY SOUL
Paris XI, rue Jean-Pierre Timbaud, mi-avril 19

Suis-je un peintre réaliste
si j’fais une nature morte ?
Marseille, mi-avril 19

j’en ai marre
Alger, El-Harrach, bombage, 19 avril 19

MACRON
NOTRE DRAME
DES PAS RICHES
Toulouse, bombage, 20 avril 19

Cette histoire
manque de
Montréal, Hochelaga, bombage, 20 avril 19

Demain il
fera jouir
Lyon, Croix-Rousse, bombage, 23 avril 19

Plus de bourgeons, moins de bourgeois
Dijon, bombage, 24 avril 19

En attendant la suite de cette collecte, j’ai rassemblé ces doléances murales, et bien d’autres, dans un volume deux à Tiens, ils ont repeint! Il est téléchargeable en ligne ici même en pdf.

Lien distinctif de l’article pour le faire circuler, c’est juste là.

Pour faire circuler ce texte, le lien est ici même

23 avril 2019
Images arrêtées & idées fixes
Photomanies, deuxième série [1].

Il y a quatre ans, Fabienne Pavia publiait au Bec en l’air un recueil des mes lubies photographiques selon un principe élémentaire : mettre en regard, selon des affinités perceptives, deux images, en laissant jouer ces correspondances sans commentaire parasite. Pour moi, ce fut un exercice d’ascèse verbale, des matinées entières passées à expérimenter des accouplements visuels, paire par paire conçues d’évidence, parfois déconstruites sur le tard puis réagencées selon d’autres hasards objectifs, et ainsi de suite, jusqu’à épuisement des combinaisons possibles. Pour l’essentiel, dans cette marqueterie binaire, il s’agissait de me fier à la libre association poétique des idées ou des assonances, mais en faisant cette fois l’économie de tous les signes d’ordre langagier.
D’où l’objectif de ma méthode : s’impliciter. Même si ce mot, d’après les dictionnaires, n’a pas l’air d’exister.
Une fois le bouquin sorti en librairie, j’ai aimé voir les gens le feuilleter à rebours ou par n’importe quel bout, faisant halte sur telle double-page et lui prêtant une attention particulière, accompagnée parfois d’un sourire complice. Ce qui m’a amplement suffi, puisqu’il ne s’agissait pas de me proclamer expert en cadrage ou en mise au point, mais de partager avec des inconnus quelques visions de monde coïncidentes. Ensuite, j’ai cru perdre la vue, ou pour le dire moins abruptement, j’ai perdu l’envie de chasser les papillons accidentels de la réalité et d’en épingler les cadavres exquis, bref de prendre quoi que ce soit en photo. J’ai peu à peu délaissé l’habitude d’avoir toujours dans la poche un petit appareil numérique, et retrouvé la liberté de laisser filer le réel, sans vouloir aussitôt en capter le mystère au vol. Sauf que qu’une autre lubie, celle des graffiti, m’obligeait encore à garder des traces, via mon téléphone portable cette fois. Et dans les marges de cette traque épisodique, entre deux inscriptions murales immortalisées, m’est revenu le goût du déclic urbain. Entre-temps, je m’étais essayé à un autre format, le carré parfait, pour trancher l’éternel dilemme du smartphone, saisir la scène en largeur ou en hauteur. Et voilà que cette variante géométrique – une fenêtre sur le monde aux quatre côtés égaux –, a changé la donne depuis quelques mois et renouvelé le désir d’en exposer ici quelques bribes…

Et d’en ébaucher une première maquette provisoire ici même.

Pour faire circuler ce texte, le lien est ici même

Pour etre tenu au courant de temps en temps